A quel moment l’exercice physique soigne le mieux votre cœur ?

Pour profiter au maximum des bienfaits de l’exercice sur la santé cardiaques, il faut programmer ses séances d’activité physique en fonction de son horloge interne.

Infographic showing heart surrounded by six benefits of exercise on heart health with icons

Faire de l’exercice est bon pour la santé cardiaque. Il n’y a aucun doute sur ce point. Toutefois, certains moments sont plus propices aux bénéfices que d’autres… et ils diffèrent pour chacun. En effet, une nouvelle étude publiée dans la revue Open Heart montre qu’aligner son activité physique à son horloge interne permet de réduire davantage les risques de maladies cardiovasculaires.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont évalué les chronotypes de 150 personnes âgées de 40 à 60 ans. C’est-à-dire déterminer si elles sont du « matin » ou du « soir ». Pour cela, ils ont utilisé des questionnaires sur les habitudes de vie et mesurer et la température corporelle centrale sur 48 heures.

Tous les participants présentaient au moins un facteur de risque cardiovasculaire, comme l’hypertension artérielle, le surpoids ou l’obésité. Ils affichaient aussi un mode de vie sédentaire. Ils ont été séparés en deux groupes aléatoirement : l’un s’entraînant à un moment correspondant à leur chronotype, l’autre à un moment ne correspondant pas. Le programme d’activité physique reposait sur 5 séances hebdomadaires d’exercice aérobie d’intensité modérée (marche rapide sur tapis roulant) d’une durée de 40 minutes pendant 12 semaines.

Au total, 134 participants ont terminé l’ensemble des 60 séances prévues. 70 étaient des lève-tôt, dont 34 faisaient partie au groupe correspondant à leur chronotype. 64 étaient des couche-tard, dont 30 avaient rejoint le programme correspondant à leur horloge interne.

Différentes mesures de la santé – comme la pression artérielle, la consommation d’oxygène pendant l’effort, le taux de cholestérol, la glycémie ou encore la qualité de sommeil – ont été relevées avant le début de l’essai et trois jours après sa fin. L’analyse des résultats a montré que les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, la capacité aérobie et la qualité du sommeil s’étaient améliorés pour l’ensemble des volontaires. Par contre, les bénéfices étaient plus importants chez ceux où les séances étaient alignées sur leur chronotype.

Par exemple, l’amélioration de la qualité du sommeil était de 3,4 points pour les personnes ayant fait du sport en adéquation avec leurs habitudes de vie contre 1,2 point. La baisse de la pression artérielle systolique a diminué de 10,8 mm Hg ayant suivi un programme adapté à leur horloge interne, contre une baisse de 5,5 mmHg chez les autres. Cet effet bénéfique sur la pression artérielle systolique était encore plus marqué chez les patients souffrant d’hypertension.

« Bien que des améliorations aient été observées chez les deux chronotypes, globalement, les effets étaient plus importants chez les lève-tôt que chez les couche-tard », remarquent également les auteurs dans leur communiqué.

Si l’on suit les conclusions de cette étude, les lève-tôt ont tout intérêt à faire de l’exercice le matin tandis qu’il est préférable pour les couche-tard d’enfiler leur tenue de sport le soir.

« Cette étude vient s’ajouter à un ensemble croissant de preuves suggérant que le moment de l’exercice, lorsqu’il est aligné sur l’horloge biologique interne d’un individu, peut améliorer considérablement les résultats en matière de santé », soulignent les scientifiques. « Adapter l’exercice au chronotype permet de synchroniser plus efficacement les horloges périphériques des muscles squelettiques, des tissus adipeux et du système vasculaire, améliorant ainsi l’efficacité métabolique et réduisant l’inflammation, deux facteurs essentiels à la santé cardiométabolique. »

Ainsi, pour eux, il serait intéressant que les médecins déterminent le chronotype de leurs patients et donnent ensuite des conseils adaptés à celui-ci pour « améliorer l’observance et les résultats, notamment chez les patients souffrant d’hypertension ou présentant un risque cardiométabolique ».

Article adapté de la publication de Sophie Raffin sur https://www.pourquoidocteur.fr/

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.